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Les premières courses au Trot semblent avoir eu lieu dans les contrées Hollandaises ou Danoises, où paysans et bourgeois avaient pour coutume de s’affronter dans le cadre de courses d’attelage. Dès le XVII siècle, ces deux pays, reconnus pour leur élevage de chevaux carrossiers, exportent à travers l’Europe, mais aussi en Russie, des juments Hardraves réputées pour leur allure de prédilection, le trot. Croisées à des étalons Pur Sang Anglais, elles donneront naissance à la race Norfolk en Angleterre (race disparue depuis les années 1930) et croisées à des étalons Arabes, elles donneront naissance à la race Orloff en Russie.

Les premières courses consistent donc, en réalité, à la prise de paris entre particuliers pour parcourir une distance déterminée dans un temps limité, et ce, sans passer au galop.
Les récits historiques font ainsi état, en 1791 en Angleterre, d’une jument  brune de 18 ans qui, sur la route d’Essex, couvrit au trot la distance de 16 miles (25 kilomètres) en 58 minutes. Le 13 octobre 1799, a lieu un « trotting match » à Sunbury Common entre un cheval hongre brun et un gris chacun portant 75 kilogrammes. La distance est restée inconnue mais le parcourt fut achevé en 27’10’’, ce qui révèle que l’épreuve était une épreuve tant de fond que de vitesse.

En Amérique, les paris vont également bon train. En 1818, à la suite d’un dîner au Jockey Club, au cours duquel l’allure du Trot a été discutée, un pari s’engage sur le fait qu’il n’existe aucun cheval capable de parcourir un mile en 3 minutes. Le cheval BOSTON BLUE gagne facilement le défi, se forgeant ainsi une solide réputation lui ayant permis, par la suite, de participer à plusieurs courses en Angleterre. Dès 1825, le New York Trotting Club est instauré et une piste pour les courses au Trot est créée à Long Island. A cette époque nous rapporte Jules ROUSSEL, aucun cheval en Angleterre ou en Amérique n’a fait son kilomètre en moins de 1’52’’1/2 et le parcours est généralement de 4800 mètres au plus.

En France, vers la fin du XVIII et le début du XIX, de retour d’Angleterre, des émigrés Français introduisent sur leur territoire la pratique des paris particuliers. Des courses ont notamment lieu entre Paris et Versailles. D’autres sont également organisées dans le cadre de foires annuelles. En 1827, le général OUDINOT prend le pari qu’il peut joindre Saumur à la Flèche en une heure au Trot sans changement d’allure avec une jument anglaise. Il perdit malheureusement son pari de 3 minutes, vraisemblablement en raison de conditions climatiques désastreuses raconte-t-on. En 1830, un fameux pari oppose un trotteur anglais à une jument mecklembourgeoise, tous deux attelés à un « solket », ancêtre du sulky. Ces paris perdureront malgré la création de courses dites officielles.

Les guerres de la Révolution et de l’Empire passées, la production équine Française révèle l’étendue de sa faiblesse. Il semble nécessaire, voir urgent, de relancer l’élevage de chevaux dits de service, vigoureux et dociles, tant pour l’armée que pour le transport. Depuis les années 1820, une race de demi-sang voit le jour, plus robuste et plus facile à élever que le pur sang anglais. Ces chevaux, principalement utilisés comme chevaux carrossiers, participent comme ailleurs, à des courses non officielles sur lesquelles des paris particuliers sont engagés. Au fil du temps, le cheval demi-sang mêlera des origines Norfolk, Pur Sang Anglais, puis Orloff, enfin Trotteur Américain.
Un jeune inspecteur officier des Haras, du nom d’Ephrem HOUEL se passionne pour cette nouvelle race qu’est le demi-sang, et privilégie, pour améliorer la vitesse et la tenue des chevaux, la sélection par la compétition plus que par la morphologie. Pour ce faire, Ephrem HOUEL souhaite s’inspirer des structures et méthodes mises au point à l’étranger :
« Les courses au trot en Amérique, comme les courses au galop en Angleterre, ont pour but plutôt le gout des paris et des exercices violents, que celui de l’amélioration chevaline. Ce que j’ai rapporté de mieux de mon voyage d’Amérique, c’est que l’organisation des courses de ce pays, ne pourrait nous servir en rien, mais il n’en est pas de même de leurs hippodromes, de leurs voiture, des soins dont ils entourent leurs chevaux, de leur mode de dressage, toutes les choses dont nous devons et pouvons profiter ».
Il recherche donc des investisseurs afin de mener à terme son projet. A Cherbourg, il croise le chemin de Monsieur LE MAGNEN, riche négociant en vin souhaitant développer le commerce à Cherbourg, lequel finance un premier projet de courses. Or, la ville ne dispose pas d’un hippodrome. A l’époque, seuls cinq hippodromes existent en France : Paris, Le Pin, Saint Brieuc, Aurillac et Limoges.

Le Maire de Cherbourg propose alors d’utiliser les terrains du Polygone d’artillerie de la Marine : le champ de courses est alors tracé sur la plage. Les allocations distribuées, provenant de souscriptions organisées par les amateurs de la ville, complétée par une subvention du conseil municipal, sont suffisamment importantes pour attirer tous les bons chevaux de la région. La réunion dure deux jours, les 25 et 26 septembre 1836. Le programme des courses est mixte alternant courses au trot et courses au galop. L’Histoire retient qu’un cheval gris de 7 ans du nom d’HAGGUARD monté par Auguste MAYER remporte une épreuve au trot en 4’20’’ pour un tour d’hippodrome, puis une course au galop.
Malgré le succès de la réunion, les courses de Cherbourg tombèrent en désuétude et furent même supprimées en 1849.

La ville de Caen prit le relais en créant l’hippodrome de la Prairie dont l’inauguration eut lieu les 26 et 27 aout 1837. Au programme, quatre épreuves « monté » et trois épreuves « attelé » pour hongres et juments nés en Normandie. Selon les conditions de courses, les chevaux devaient mesurer au garrot, plus de 1,52 m pour les deux ans et demi, 1,58 m pour les trois ans  et 1,60 m pour les plus âgés, étant précisé que les âges étaient décomptés à partir du 1er mai. L’épreuve majeure de la réunion est le Prix du Gouvernement couru sur 4000 mètres est ouvert à des chevaux à l’attelage double tirant de larges voitures à quatre roues. Les courses étaient réglementées et chronométrées : les départs étaient décalés pour minimiser les risques d’accident. Seuls les chevaux montés partaient ensemble. Deux foulées à une allure autre que le trot étaient sanctionnées par un arrêt du cheval, qui devait faire un tour sur lui-même avant de repartir, sous peine d’élimination.

Devant le succès de ces deux manifestations, plusieurs villes s’équipent d’un hippodrome : Dieppe en 1937, Saint Lo Angers Boulogne sur Mer en 1844, Falaise en 1946, Mortagne en 1851. Temple du cheval Pur Sang, l’hippodrome de Chantilly organise, le 16 mai 1847, jour du prix du Jockey Club, une course d’ouverture réservée aux Chevaux Trotteurs et Cavaliers Amateurs.

Les Haras Nationaux vont rapidement règlementer l’élevage des demi-sang. Un arrêté en date 30 septembre 1846 prévoit, tel que Ephrem HOUEL le souhaitait, qu’ « aucun étalon ne sera acheté par les Haras s’il n’a été approuvé en concours public, soit dans les courses générales, soit dans les luttes particulières ouvertes à cet effet ».

Puis un arrêté du 12 avril 1849 vise à encourager les éleveurs à produire de bons et beaux étalons, en leur accordant des prix plus importants, tout en écartant de la production les animaux qui n’auraient pour seule qualité que la vitesse. C’est ainsi que l’article 5 exclut du concours « tout cheval entaché d’une tare héréditaire »  ou qui « sans être altéré, n’aurait pas la construction désirable chez l’étalon. »
Le même arrêté stipule que pour l’essentiel des épreuves existantes, la distance ne sera pas inférieure à 4 kilomètres et, distingue les prix de première catégorie des prix de seconde catégorie et précise les conditions pour participer à ces épreuves.

Lors d’une réunion du Conseil supérieur des Haras réuni en 1850, le général de Lamoricière présente un rapport au terme duquel il précise :
«Les courses dont nous venons de parler, dites courses de vitesse ou courses plates, ne favorisent directement que l’élevage des animaux de pur sang. Pour développer la production des races intermédiaires, on a institué sur plusieurs points des courses au clocher qui se faisaient dans des conditions analogues, mais supérieures à celles qui se rencontrent d’ordinaire à la chasse ou à la guerre, elles sont éminemment proposées à faire apprécier les qualités des animaux produits pour ces divers services. C’est dans ce même but que les courses au trot, à la selle ou à la voiture, ont été établies pour constater le mérite des sujets produits, soit pour la remonte des dépôts de l’Etat, soit pour les diverses branche de la consommation de luxe. »
Ainsi, le développement des courses pour les animaux de sang croisé a été encouragé par l’augmentation des crédits demandés.

Or, les courses au trot n’ont par la faveur générale, principalement des « amateurs des courses de vitesse » soucieux de conserver leur budget sans partage, certains y voyant une discipline « gâtant les allures de chevaux », alors que les partisans exclusifs des courses au trot qualifiaient les galopeurs de « ficelles de pur sang » , des « chevaux efflanqués qui ne sont bons qu’à courir pendant 5 minutes sur un gazon moelleux » et demandaient que l’on augmente substantiellement leur dotation.
« Chacun ne veut voir qu’avec ses lunettes et loin de chercher à grandir les questions  à les considérer sous toutes leurs faces, on les rétrécit à la mesure de son petit milieu, d’où on lance fièrement l’anathème sur son voisin. C’est un peu l’esprit français en toute chose » écrit Ephrem HOUEL dans son traité des courses au sujet de ces querelles.

En 1852, 45 hippodromes ont déjà vu le jour. Or, cette même année, un important lobby hostile au développement du cheval Trotteur obtient la suppression de tous les prix de courses donnés par l’Etat, mais aussi des épreuves de jeunes étalons. Les courses passent ainsi de 103 à 31. Un grand nombre d’hippodromes est également fermé.

Or, selon la formule d’Ephrem HOUEL, « les courses au trot étaient trop vivaces et avaient jeté sur le sol français de trop profondes racines pour mourir ainsi. »

En réaction, la société générale des courses de Normandie est crée en 1857, et vise à obtenir le rétablissement des encouragements financiers ainsi que le développement des courses de Trotteurs qui est alors lancé.

Le 21 octobre 1864, la société d’encouragement pour l’amélioration du cheval français de demi sang est créée à Caen, avec à sa tête le Marquis de Croix élu premier Président (1864-1871), puis le Marquis Gontran de Cornulier (1871-1898).

De 1840 à 1870, les courses sont disputées principalement au trot monté, sans condition d’âge de sexe ou d’origine. Les courses « attelé » existaient déjà mais les départs, pour éviter les accidents, étaient donnés avec un décalage. Le Prix de la Ville de Rouen, en 1861, est donné, pour la première fois « à l’américaine », c'est-à-dire de façon simultanée pour l’ensemble des concurrents ».

A partir de 1864, un programme classique pour trotteurs « monté » de 3 et 4 ans est ébauché avec le Normandie Derby puis le Saint léger du demi sang devenu Saint Léger des trotteurs à Caen, la plus ancienne des épreuves classiques remonte en effet à 1878. En 1897 est organisé le premier Prix du Président de la République.

Les courses au trot arrivent en région parisienne en 1873, à la Cascade du Bois de Bologne. Le 18 avril 1873, une réunion internationale prévoit deux courses à l’attelage. La première est réservée aux chevaux de tout âge, attelés à une voiture de deux ou quatre roues, en un temps de 24 minutes au maximum sur une distance de 10.500 mètres. Un cheval de 7 ans du nom d’ESPOIR  remporte l’une des épreuves en 10’50 ’’. La seconde épreuve est ouverte aux trotteurs nés et élevés en France, attelés à une voiture de deux ou quatre roues sur 3600 mètres. L’épreuve sera remportée par WELKOM.

Le 7 septembre 1878, à l’occasion de l’exposition universelle de Paris, six courses réservées aux meilleurs trotteurs Européens et Américains sont organisées sur hippodrome de Maisons Lafitte : le Grand Prix du Gouvernement, épreuve « attelé » est remportée par un cheval Russe tandis que la grande épreuve « monté » de la journée, le Grand Prix de l’Exposition est remportée par un cheval Américain.
 
Le 7 septembre 1879, l’hippodrome du Plateau de Gravelle est inauguré. Le développement de l’hippodrome végète jusqu’en 1905, jusqu’à ce que Philippe du ROZIER obtienne la création d’un meeting d’hiver. Les réunions restent mixtes jusqu’au 26 novembre 1934.

Le Prix d’Amérique, épreuve reine du Trot en France, voit le jour en 1920.